Congés d’été : 12 jours obligatoires, nouvelles règles maladie et gestion des départs en 2024

Section : Emploi | Mots-clés : loi conges ete, Emploi

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Découvrez les règles juridiques encadrant les congés d’été : durée légale, gestion des départs, impact des arrêts maladie et calcul des jours de fractionnement selon la loi 2024.

Sommaire des règles sur les congés d’été

  • Le cadre légal de la période de prise des congés : Règles sur la période du 1er mai au 31 octobre et les 12 jours consécutifs.
  • L’ordre des départs : Critères de priorité et pouvoir de direction de l’employeur.
  • La réforme 2024 sur les congés et la maladie : Acquisition de congés pendant l’arrêt maladie et droit au report.
  • Le fractionnement des congés : Conditions d’attribution des jours de fractionnement supplémentaires.
  • Cas particuliers : Fermeture annuelle de l’entreprise et droits des CDD/intérimaires.
Infographie des règles d'acquisition des congés payés et loi congés été 2024
Infographie des règles d’acquisition des congés payés et loi congés été 2024

L’organisation des congés d’été répond à un cadre juridique précis. Entre la période de référence, les durées légales et les récentes évolutions liées aux arrêts maladie, employeurs et salariés doivent maîtriser les règles en vigueur pour planifier sereinement la période estivale. Ce cadre vise à garantir un équilibre entre les besoins de l’entreprise et le droit au repos des collaborateurs.

Le cadre légal de la période de prise des congés d’été

La loi française définit une période spécifique durant laquelle le congé principal doit être pris. Selon l’article L3141-13 du Code du travail, cette période s’étend, au minimum, du 1er mai au 31 octobre de chaque année. Il s’agit de la période légale de prise des congés, communément appelée période d’été, bien qu’elle englobe également le printemps et l’automne.

La règle des 12 jours consécutifs

L’une des obligations majeures pour l’employeur et le salarié concerne la durée minimale du repos estival. La loi impose qu’une fraction du congé principal soit au moins égale à 12 jours ouvrables consécutifs, soit deux semaines complètes. Ces 12 jours doivent impérativement être posés à l’intérieur de la période allant du 1er mai au 31 octobre.

Cette disposition est d’ordre public : ni l’employeur ni le salarié ne peuvent y déroger, même d’un commun accord. L’objectif est d’assurer au travailleur une déconnexion suffisante pour préserver sa santé. Si un salarié dispose de moins de 12 jours de congés acquis, il doit prendre la totalité de ses jours durant cette période.

Le plafond des 24 jours ouvrables

À l’inverse du seuil minimal, il existe un plafond pour le congé principal pris en une seule fois. Sauf cas spécifiques, il est interdit de poser plus de 24 jours ouvrables consécutifs, soit 4 semaines, de congés payés durant l’été. La 5e semaine de congés payés doit, en principe, être prise séparément du congé principal.

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Des dérogations existent pour les salariés justifiant de contraintes géographiques particulières, comme les salariés originaires des Outre-mer ou de l’étranger, ou pour ceux ayant au sein de leur foyer une personne handicapée ou âgée en perte d’autonomie. Dans ces situations, le salarié peut demander à accoler sa 5e semaine à son congé principal pour bénéficier d’une absence prolongée.

L’ordre des départs : qui a le dernier mot ?

Contrairement à une idée reçue, le salarié n’est pas libre de fixer ses dates de vacances comme il l’entend. C’est l’employeur qui, dans le cadre de son pouvoir de direction, fixe l’ordre des départs en congés après avis, le cas échéant, du Comité Social et Économique (CSE).

Les critères de priorité fixés par la loi

Pour déterminer le calendrier des départs, l’employeur ne peut pas agir de manière arbitraire. En l’absence de convention collective ou d’accord d’entreprise précisant ces critères, il doit s’appuyer sur les éléments suivants :

  • La situation de famille : les salariés ayant des enfants scolarisés bénéficient souvent d’une priorité. La loi impose également que les conjoints ou partenaires de PACS travaillant dans la même entreprise aient le droit de prendre leurs congés simultanément.
  • L’ancienneté : la fidélité à l’entreprise peut constituer un critère pour l’attribution des périodes les plus demandées.
  • L’activité chez d’autres employeurs : si le salarié possède plusieurs emplois, l’employeur doit en tenir compte pour faciliter la coordination des repos.

Délais de prévenance et modifications

L’employeur a l’obligation de communiquer l’ordre des départs à chaque salarié au moins un mois avant la date de son départ. Une fois que les dates sont fixées et communiquées, elles s’imposent aux deux parties. L’employeur ne peut plus modifier ces dates moins d’un mois avant le départ prévu, sauf en cas de circonstances exceptionnelles, comme un incendie dans l’entreprise ou une commande imprévue vitale pour la survie de la société.

La gestion des congés repose sur la préservation du capital humain. Les règles de fractionnement et de repos minimal sont des dispositifs de sécurité destinés à éviter l’épuisement professionnel. Un salarié qui ne débranche pas réellement, faute d’une durée minimale de déconnexion, perd en efficacité sur le long terme. Cette logique de récupération effective est renforcée par les nouvelles dispositions sur le report de congés après une maladie, garantissant que chaque collaborateur dispose d’un temps de repos réel, indépendamment des aléas de santé.

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La loi du 22 avril 2024 : une réforme pour les congés et la maladie

La loi du 22 avril 2024 a mis le droit français en conformité avec le droit de l’Union européenne. Cette réforme modifie les règles d’acquisition des congés payés pour les salariés dont le contrat est suspendu pour des raisons de santé.

Acquisition de jours pendant l’arrêt maladie

Désormais, un salarié en arrêt maladie pour un motif non professionnel continue d’acquérir des congés payés. Le calcul diffère toutefois du travail effectif :

  • En temps normal, un salarié acquiert 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours par an.
  • En arrêt maladie non professionnel, le salarié acquiert 2 jours ouvrables par mois, dans la limite de 24 jours par an, soit 4 semaines.

Si l’arrêt est dû à un accident du travail ou une maladie professionnelle, le salarié continue d’acquérir 2,5 jours par mois, sans limite de durée, contrairement à l’ancienne règle qui limitait cette acquisition à la première année d’arrêt.

Le droit au report des congés non pris

La nouvelle loi sécurise le report des congés. Si un salarié n’a pas pu prendre ses congés d’été en raison d’un arrêt maladie, il bénéficie d’une période de report de 15 mois pour les utiliser. À la reprise du travail, l’employeur dispose de 10 jours pour informer le salarié du nombre de jours de congés dont il dispose et de la date limite pour les poser.

Le tableau ci-dessous synthétise les règles d’acquisition selon la situation du salarié :

Situation du salarié Acquisition mensuelle Plafond annuel
Travail effectif 2,5 jours ouvrables 30 jours
Arrêt maladie ordinaire 2 jours ouvrables 24 jours
Accident du travail / Maladie Pro 2,5 jours ouvrables 30 jours

Le fractionnement : comment obtenir des jours de repos supplémentaires ?

Le fractionnement du congé principal, soit les 24 premiers jours, peut donner droit à des jours de congé supplémentaires, appelés jours de fractionnement. Cette règle s’applique lorsque le salarié prend une partie de son congé principal en dehors de la période légale du 1er mai au 31 octobre.

Les conditions d’attribution

Pour ouvrir droit à ces jours bonus, le salarié doit avoir pris au moins 12 jours consécutifs entre mai et octobre, et il doit lui rester un reliquat de jours à poser après le 31 octobre, hors 5e semaine. Le calcul est le suivant :

  • 2 jours supplémentaires si le salarié prend au moins 6 jours de congés en dehors de la période estivale.
  • 1 jour supplémentaire si le salarié prend entre 3 et 5 jours en dehors de cette période.

Il convient de noter que de nombreuses conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient une renonciation automatique aux jours de fractionnement. L’employeur peut également conditionner son accord pour un fractionnement à la renonciation écrite du salarié à ces jours supplémentaires.

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La gestion de la 5e semaine

La 5e semaine de congés payés n’entre pas dans le calcul des jours de fractionnement. Elle est généralement prise en fin d’année ou au cours de l’hiver. Contrairement au congé principal, elle ne nécessite pas l’accord du salarié pour être fractionnée par l’employeur, et elle n’ouvre jamais droit à des jours de repos additionnels.

Obligations de l’employeur et cas particuliers

Le respect de la loi sur les congés d’été constitue une obligation de résultat pour l’employeur. S’il ne met pas le salarié en mesure de prendre ses repos, il s’expose à des sanctions civiles et au paiement de dommages-intérêts.

La fermeture annuelle de l’entreprise

Une entreprise peut décider de fermer ses portes pendant la période estivale. Dans ce cas, l’employeur impose les dates de congés à l’ensemble du personnel. Cette fermeture doit faire l’objet d’une consultation préalable du CSE et les salariés doivent être informés suffisamment tôt. Si un salarié n’a pas acquis assez de jours pour couvrir la période de fermeture, il peut se retrouver en congé sans solde, bien que certaines aides puissent parfois compenser cette perte de revenu.

Le cas des CDD et des intérimaires

Les salariés en contrat à durée déterminée (CDD) ou en intérim bénéficient des mêmes droits que les salariés en CDI concernant l’acquisition des congés. Cependant, en raison de la brièveté de leurs contrats, ils ne prennent souvent pas leurs jours en nature. À la fin de leur contrat, ils perçoivent une indemnité compensatrice de congés payés, égale à 10 % de leur rémunération totale brute.

La gestion des congés d’été nécessite une anticipation rigoureuse. Entre le respect des 12 jours consécutifs, l’application des nouveaux droits liés aux arrêts maladie et le calcul des jours de fractionnement, employeurs et salariés ont tout intérêt à dialoguer dès le début de l’année civile pour organiser un calendrier qui satisfasse les besoins de chacun tout en respectant scrupuleusement le Code du travail.

Éloi Valembois

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